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25.09.2009

Le Projet ORHIBIO organise une exposition et un colloque sur l'eau à Saint-Flovier

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12.06.2009

Le Projet ORHIBIO organise une exposition à Villandry

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14.10.2008

Le Conseil Scientifique de l'Université François-Rabelais soutient le projet de Colloque sur l'Eau

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01.04.2008

La Région Centre soutient le projet en lui accordant un financement dans le cadre de ses appels à projet

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Informations

Projet ORHIBIO

CERMAHVA
Département d'Histoire
Université François Rabelais
3, rue des Tanneurs
BP 4103
37041 Tours Cedex

Description du projet

Le projet offre une problématique qui croise élites médicales et stratégies d’innovations à l’époque contemporaine, une des approches novatrices de l’historiographie internationale à la confluence de l’histoire sociale et de l’histoire des techniques.


Plusieurs faits permettent de considérer le milieu professionnel médical en région Centre comme l’un des plus actifs en France durant l’époque contemporaine en remontant jusqu’au début du XIXe siècle. Tout d’abord l’extraordinaire succession de médecins et pharmaciens de très haut niveau, Brame, Brissonnet, Boureau, Dubreuil-Chambardel jusqu’à Philippe Maupas. Ensuite l’installation d’établissements industriels de pointe, ensuite des considérations sociales pionnières. Ces points sont développés dans la partie suivante qui expose le déroulement de la recherche.
L’homogénéité taxinomique qu’autorise l’étude des cercles médicaux dans un espace régional prend ici une valeur supplémentaire au regard des implications nationales et internationales mises en jeu. Prendre en compte le milieu médical comme périmètre d’une étude sociétale peut présenter plusieurs intérêts. En premier lieu, le projet valorise les fonds documentaires particulièrement riches de la BU Médecine de Tours et contribue à élargir la collecte de fonds utiles à la connaissance des élites locales et à l’histoire de la médecine. Il permet ensuite d’établir par l’histoire le caractère novateur d’inventions, de réalisations d’avant-garde, de créations institutionnelles qui forment ensemble le terreau de savoir-faire dans lequel s’inscrivent aujourd’hui des laboratoires et des entreprises du secteur de la santé qui trouvent en région Centre des compétences allant au-delà de configurations économiques et logistiques adéquates.

En mobilisant des approches plurielles, relevant de l’étude sociale, de l’analyse historique, d’une géographie des réseaux professionnels et d’une contextualisation culturelle, le programme présenté croise parfaitement sciences médicales et sciences humaines. Le champ considéré est donc à la fois une explication des trajectoires du passé dans notre région et une mise en relief d’atouts spécifiques à même de fonder une communication publique sur le lien entre innovation et pôle d’excellence. A ce titre il sert autant la valorisation disciplinaire de l’Université que l’attractivité régionale.

Deux volets principaux

Pour cela, le projet se décompose en deux volets, un programme documentaire et une dynamique de recherche, qui doivent permettre en deux ans d’établir un état des lieux précis et de donner une connaissance claire du sujet. Il n’est bien entendu pas question, dans ce laps de temps, de mener à terme le sujet ; plusieurs thèses d’histoire sont envisageables, sans parler du travail de diffusion et de valorisation. L’objectif est donc bien de lancer un mouvement et d’obtenir des résultats suffisamment significatifs pour continuer ensuite les recherches.

Description du volet recherche

Cette partie du projet s’appuie sur plusieurs démarches.
Premièrement des recherches classiques, autour en particulier de mémoire d’histoire en master 1 et master 2.
Le dynamisme régional en matière de médecine et de pharmacie est indéniable. Il s’incarne d’abord dans de grandes figures, maîtres ou élèves, dont certaines sont de notoriété nationale. Bretonneau (1778-1862) sera l’un des tout premiers à défendre les notions de contagiosité et de spécificité des différentes entités morbides, œuvre que continueront ses deux principaux élèves, Velpeau et Trousseau, et tous ceux qu’ils formèrent. Charles Brame (1813-1885), pharmacien chimiste, recruté comme professeur à l’Ecole de Médecine et de Pharmacie, était célèbre par ses travaux sur le phosphore tandis Jules Brissonnet, autre chimiste, travailla à modifier la créosote pour améliorer la tolérance de ce médicament et son efficacité anti-tuberculeuse (brevet en 1897). Le Dr. Boureau, chirurgien, fut l’un des premiers à se lancer dans la sérothérapie des cancers (1895) tandis qu’à la même époque, Edmond Chaumier voyait juste en régénérant son vaccin anti-variolique par le passage sur l’âne (asino-vaccine) et en développant ce qu’on appellerait aujourd’hui le contrôle de qualité d’un produit de biotechnologie. Anatole Le Double (1848-1913) et son élève Dubreuil-Chambardel fondèrent une école d’anatomie célèbre et reconnue jusque dans le milieux fermés de l’anthropologie parisienne. Le vétérinaire Marcel Belin fondait en 1919 l’Institut Bactériologique de Tours pour produire son vaccin anti-aphteux. C’est cette société, alors dirigée par son fils médecin, qui recruta Philippe Maupas dans les années 1960. Celui-ci, devenu professeur à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Tours y découvrit le premier vaccin contre l’hépatite B. L’IBT a été plusieurs fois racheté mais existe toujours à Tours (Fort Dodge SA). La préoccupation sanitaire et sociale est également très présente. C’est de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), l’un des départements de la grande couronne parisienne confrontés à une grande mortalité des nourrissons parisiens confiés aux nourrices, que vint l’une des premières alertes (1866) qui déboucha sur la loi Roussel de Protection de l’Enfance de 1874. Dans l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher, de nombreux médecins se mobilisèrent pour la protection de l’enfance, d’abord en faveur de l’allaitement maternel et de l’hygiène (Bulletin des nourrices au sein d’Indre-et-Loire, fin XIXème siècle) puis plus tard, contre la tuberculose. C’est ainsi que l’œuvre Grancher parisienne se reposait en totalité sur le dévouement du corps médical de la région Centre où ses pupilles étaient placés en foyers. Le milieu médical à la fin du XIXème siècle est ensuite porteur d’initiatives fécondes pour assurer la formation continue des élites médicales et favoriser une sociabilité professionnelle de premier plan. C’est le cas avec la formation du Syndicat d’Indre et Loire qui devient dès 1882 le plus important en France par le nombre de ses membres. De même, la Gazette Médicale du Centre, fondée en 1896, remporta un tel succès qu’elle absorba dans les années 1920 d’autres gazettes médicales régionales pour former la Gazette Médicale de France. Il offre enfin des exemples remarquables d’innovations dont les processus résultent autant de nombreux réseaux corporatifs que de contextes locaux, sociaux, économiques et culturels, favorables à l’éclosion de telles avancées.
Il apparaît ainsi clairement, à partir de ces données encore éparses et incomplète qu’il y a là plusieurs sujets de recherches, et à plusieurs niveaux, de nombreux sujets de master d’histoire, des sujets de thèses d’exercice de médecine et des sujets de thèse d’histoire.
Une biographie d’Edmond Chaumier est en cours de préparation dans le cadre d’un master d’histoire, commencé en septembre 2007. Cette biographie a pour ambition de retracer le parcours d’un membre éminent des élites médicales locales et doit s’inscrire dans la tradition de l’historiographie la plus récente sur la confrontation de sources croisées pour aller de la biographie de l’individu à la prosopographie du groupe social. Il s’agit donc du premier mémoire qui préfigure une série d’études portant sur les milieux médicaux régionaux. En ce sens, plusieurs autres sujets vont être proposés durant les années universitaires 2007/2009. Certains porteront sur d’autres personnages majeurs du monde médical tourangeau –bien que plusieurs ouvrages portent déjà sur de nombreux aspects de leurs carrières respectives, de grandes figures comme Bretonneau, Trousseau ou Velpeau pourraient faire l’objet d’approches biographiques renouvelées. C’est en particulier le cas de Velpeau, pour lequel les fonds déposés à la BIUM permettent de soulever des problématiques comme celle de l’hygiène. Des thèmes de recherche comme l’étude des organisations, par exemple la Société Archéologique de Touraine, ou des revues, à l’instar de la Gazette médicale du Centre, apparaissent particulièrement porteurs. Certains sujets plus transversaux, comme les épidémies en région Centre par exemple, sont proposés dès cette année afin de couvrir l’action professionnelle médicale dans sa dimension locale concrète.

Par ailleurs, on ne doit pas négliger de considérer le projet sous l’angle des objectifs qu’il permettra d’atteindre, en particulier dans la perspective de la constitution d’un parcours touristique régional, centré sur l’espace des biotechnologies et de l’action médicale. En effet, la biographie de plusieurs grands médecins démontrent le lien intime qui existe entre la constitution de savoirs scientifiques et l’application que les mêmes personnages en situation de responsabilité édilitaire ont pu développer. L’action d’un Bretonneau pour lutter contre la variole dans les alentours de Chenonceaux dans la première moitié du siècle, le rôle actif de conseiller municipal à Tours d’un Louis Tonnellé sous la Monarchie de Juillet, les engagements d’un Trousseau, député de l’Eure et Loir en 1848, la décision du docteur Thibault de faire établir dans la petite commune de Saint Flovier une adduction d’eau après une épidémie de fièvre typhoïde au début des années 1900 rendent compte de tels investissements. D’autres aspects, comme l’essor de la pasteurisation, l’évolution des pratiques d’allaitement ou l’application de mesures hygiénistes par d’autres membres de la corporation médicale renvoient à des approches traitées dans le cadre d’une histoire des pratiques alimentaires locales.

Un projet d’inscription en thèse d’histoire sur un sujet portant sur « La Touraine, patrie des biotechnologies, XIXe, début du XXe siècles » est également en cours. Il s’agirait d’étudier plus particulièrement la mise en place, autour du réseau médical et grâce à l’action de certains de ses membres d’une activité industrielle de premier plan pour la production de vaccin. Le cœur du sujet serait Edmond Chaumier et l’Institut Vaccinal de Tours, qui est le plus important producteur de vaccin contre la variole entre 1900 et 1920 et Marcel Belin et l’Institut Bactériologique de Tours, pionnier des vaccins contre la fièvre aphteuse durant l’entre-deux guerres et l’après seconde-guerre mondiale.

Description du volet documentaire

L’objectif du Service commun de la documentation de l’Université de Tours est de contribuer à constituer un pôle de référence ouvert à la recherche, en développant les deux axes suivants :
— Mise en valeur et enrichissement du fonds ancien de la section Médecine
La section Médecine du Service commun de documentation conserve le fonds de l’ancienne Ecole de Médecine et de Pharmacie de Tours, ancêtre de l’actuelle Faculté. Riche d’environ 6 000 volumes dont plusieurs centaines des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, ce fonds est composé en grande partie de collections du XIXe siècle et début du XXe, contemporaines de la période historique traitée dans le projet. Ce fonds a valeur de témoignage pour connaître la formation des médecins dont les études commençaient à l’Ecole de Tours. Les revues anciennes permettent également de préciser la diffusion des connaissances scientifiques et médicales, la façon dont les contemporains recevaient et appliquaient avec plus ou moins de rapidité les nouvelles découvertes. Le fonds est particulièrement riche en documents permettant de connaître l’histoire locale de la médecine et ses aspects sociaux et philanthropiques (Recueil des travaux de la Société médicale du département d’Indre-et-Loire, Comptes rendus des travaux du Conseil départemental d’hygiène et des commissions sanitaires des arrondissements de Tours, de Chinon et de Loches, Bulletin de la Société pharmaceutique d’Indre-et-Loire.)
Ce fonds est dans sa majeure partie répertorié dans le catalogue du Service commun de la documentation, librement accessible sur Internet, à disposition des étudiants et des chercheurs. Il a déjà servi de support à des mémoires universitaires en médecine, histoire et philosophie. Nombre de travaux universitaires prenant appui sur ce fonds sont encore possibles à réaliser.
Des acquisitions sont à envisager, visant à enrichir le fonds ancien de documents d’époque, livres, revues, tirés à part, documents graphiques (cartes postales, photographies, cartes, dessins), et si cela est possible manuscrits.
— Développement d’un plan raisonné de numérisation en vue de la constitution d’une bibliothèque numérique
La définition d’un projet de numérisation impose des choix stratégiques, scientifiques, et documentaires autant que techniques. S’impose d’abord un travail de collaboration, échanges et prévisions avec les autres bibliothèques conservant des fonds anciens et menant déjà une politique de numérisation, afin de répartir avec efficacité et rationalité la lourde tâche technique de numérisation et de mettre en valeur au mieux les points forts des collections de chaque établissement.
La priorité sera de procéder à la numérisation de documents appartenant à l’Université de Tours et conservés dans le fonds ancien de la Section Médecine, la sélection s’effectuant suivant des critères scientifiques et documentaires, l’objectif étant de répondre au mieux aux besoins des activités de recherche. La numérisation de documents du fonds ancien soigneusement choisis présente le double avantage, d’une part d’assurer la diffusion large de documents rares et souvent fragiles utiles aux chercheurs, et d’autre part de permettre ainsi la préservation de documents qui se trouveraient détériorés par la consultation. La question de la conservation matérielle se pose en effet pour un très grand nombre de documents des XIXe et XXe siècles imprimés sur papier acide. Extrêmement fragiles, ces documents sont difficiles à manipuler et on doit s’interdire de les reproduire sous forme de photocopies. On s’orientera pour la réalisation technique de la numérisation à des sociétés prestataires de ce type de travaux. Il existe des sociétés habituées à traiter des documents fragiles et qui réalisent des travaux d’une grande qualité. Concernant l’étape suivante de mise en ligne, le SCD est équipé d’un logiciel informatique dont l’un des modules permet la gestion des collections numériques locales, qui forment une collection distincte mais sont en même temps consultables à partir du catalogue de la bibliothèque. Il y a donc la possibilité d’offrir au public un accès en ligne simple et performant, permettant une véritable mise en valeur des images numérisées.
Aux documents numérisés issus du fonds appartenant à l’Université s’ajoute le signalement de documents numériques dont les originaux sont conservés dans d’autres bibliothèques, ces deux sources complémentaires l’une de l’autre permettant la constitution d’une bibliothèque numérique qui permet au chercheur l’accès aux matériaux qui lui sont nécessaires. Il peut s’agir de documents dont la numérisation a été réalisée par la bibliothèque qui le possède (thèse d’Edmond Chaumier conservée à la BIUM et numérisée dans le cadre du plan de réédition de textes anciens Medic@), mais aussi de documents dont la numérisation sera commandée dans le cadre du projet. C’est ainsi que la BnF est l’un des très rares institutions à conserver les trois années du Bulletin des nourrices au sein d’Indre-et-Loire. Cette revue existe à l’heure actuelle uniquement sous forme papier, sa numérisation sera commandée et effectuée pour notre projet. La coopération avec d’autres établissements présente en outre l’avantage de permettre la constitution d’une collection complète. Le recours à une autre bibliothèque sera indispensable afin de proposer la totalité du corpus de la Gazette médicale du Centre (en partie à la Bibliothèque municipale de Tours) et la Revue internationale de la vaccine, dont l’Université de Tours possède les quatre premières années.